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mardi 19 juin 2012

Législatives en Algérie : analyse du PARTI ALGERIEN POUR LA DEMOCRATIE ET LE SOCIALISME (PADS)

Après la proclamation des résultats des élections législatives du 10 mai

Se mobiliser, s'organiser et s'unir : -pour les revendications sociales et politiques des travailleurs -pour contrer les plans impérialistes

es résultats définitifs des élections législatives du 10 mai proclamés par le Conseil Constitutionnel traduisent un divorce flagrant entre le régime et les aspirations sociales et politiques de l'écrasante majorité des citoyens. Le taux de participation officiellement proclamé a à peine dépassé les 43%. C'est un taux évidemment très bas même si on ne tient pas compte des manipula­tions traditionnellement opérées par les autorités pour masquer l'ampleur de la désaffection populaire et favoriser les partis du gouvernement aux dépens d'autres. Le taux des suffrages exprimés, 35,2%,  est encore plus bas si l'on prend en compte les 1,7 millions de bulletins nuls. En livrant ces chiffres, le régime reconnaît qu'il est nettement rejeté par 2 citoyens sur 3. Le décalage entre les gouvernants et les citoyens est en fait plus criant quand on sait que d'innombrables électeurs ont choisi d'exprimer leur rejet de la coalition présidentielle et des partis qui se camouflent sous l'Islam en votant "au hasard" pour un des partis parmi les dizaines de faux partis créés à la hâte par le pouvoir ces deux derniers mois.

Les deux principaux partis de la coalition présiden­tielle -Front de Libération Nationale et Rassemblement National Démocratique - n'ont obte­nu ensemble que 1 million 848 000 voix sur un total de 9 millions 340 000 votants, soit 19, 7% de ces votants. Rapporté au nombre d'électeurs inscrits ( 21,6 millions) ce taux n'est que de 8,5%. Un citoyen seulement sur douze les soutient ! Mais grâce à la mise en place par les autorités d'un injuste système de report des voix obtenues par les listes qui n'ont pas atteint le seuil de 5%, un système de truquage "scientifique" qui présente à l'envers le poids réel des partis dirigeants dans l'APN, le FLN se voit attribuer à lui seul 221 sièges au sein de cette assemblée. Ainsi, malgré sa faible représentativité le duo FLN-RND s'adjuge 291 sièges sur les 462 "mis en jeu", soit 63% du total des députés!

Les divers partis agréés ( "Algérie verte", "Addala", "Front du Changement") qui font de l'Islam un paravent idéologique pour tromper les travailleurs sortent défaits. Ils ont ramassé ensemble moins de 882 000 voix, soit 9,4% des suffrages exprimés. Ils crient à la fraude parce que les "pronostics" de l'ambassade US n'ont pas été confirmés. Le fait que les rêves de conquête du pouvoir de ces partis soient déçus reflète l'aspiration de larges secteurs absten­tionnistes à ne pas confier le pays aux forces les plus réactionnaires ni à ouvrir la voie à des interventions extérieures dans la foulée du prétendu "printemps arabe" et de la "vague verte". Il ne faut cependant pas en tirer la conclusion fausse que les franges ultra réactionnaires de la bourgeoisie et de la petite-bour­geoisie qui utilisent l'Islam pour tromper le peuple ont perdu toute influence. Le gros de leurs troupes agit dans la clandestinité et a appelé au boycott. Leur influence persistante ne doit pas être sous-estimée. A preuve le régime a fait des concessions à leur idéolo­gie rétrograde dans les amendements qu'il a introduits l'an dernier dans les lois sur les partis, les associations et l'information.