Pour lancer la réflexion, je reproduis ici l'éditorial de la revue du projet sur le sujet. J'y ajoute les liens vers l'émission "Là-Bas si j'y suis" sur la décennie des années 80 qui sont le creuset des idées qu'a exposées Manuel Valls dans son discours. La modernité tant vantée par les différents éditorialistes de drôche vient de loin...
Vous pourrez retrouvez le dossier de la revue en lien après l'article.
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Manif pour tous », bonnets rouges, « quenelle », salariés manifestant
aux côtés de leurs patrons pour l’ouverture des magasins le dimanche,
etc. L’année 2013 a été notamment marquée par le succès – tout au moins
médiatique – de mobilisations relativement déconcertantes pour quiconque
a en tête le schéma classique de la lutte des classes. Les exploités de
tous bords ont en effet dû partager la rue avec les habituels tenants
de l’ordre établi, plus habitués à fustiger les manifestants et autres
militants qu’à adopter ce mode d’action. Il n’en fallait pas plus pour
que les commentateurs autorisés de la sphère médiatique voient dans ces
mouvements disparates qu’ils avaient eux-mêmes contribué à mettre en
lumière la confirmation d’une tendance lourde affectant la société
française : sa droitisation. À les écouter, nos concitoyens
deviendraient toujours plus individualistes, consuméristes et hostiles
aux prélèvements obligatoires, en même temps que repliés sur leurs
particularismes culturels, xénophobes, homophobes et favorables à une
répression intransigeante en matière policière et judiciaire. Ce qui se
traduirait dans les urnes par une orientation des votes vers des
propositions plus libérales sur le plan économique et conservatrices sur
le plan moral et pénal, avec un Front National en embuscade prêt à
rafler la mise électorale.
