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mercredi 12 février 2014

PÉRIL JEUNE, PEUR DES JEUNES. DES « APACHES » À LA « RACAILLE »

Stigmatiser les jeunes empêche d’entendre leur refus d’un ordre qu’ils n’acceptent pas.

Le « péril jeune » : l’expression pourrait n’être qu’un titre de film – celui de Cédric Klapisch, sorti en 1994. Elle est en réalité symptomatique d’une peur qui revient tarauder avec régularité les fondements de la société, ou du moins ses observateurs. Car cette peur est souvent alimentée par les commentateurs politiques et médiatiques soucieux de trouver des mots qui, loin de seulement la décrire, contribuent aussi à la nourrir : de « l’apache » à la « racaille », en passant par le « zazou », le « blouson noir » et le « loubard ».

UNE PEUR SÉCULAIRE

Cette peur n’a donc rien de neuf : elle est au contraire séculaire et dit beaucoup sur l’anxiété qui ronge parfois les sociétés à propos de « la jeunesse ». Celle-ci a d’ailleurs été parfois érigée en « nouvelle classe dangereuse ». C’est bien sûr là que le bât blesse : dans cette façon d’imaginer que la jeunesse pour rait être un groupe en soi, et pourquoi pas une classe – ne parle-t-on pas de « classe d’âge » ? Or, il y a là de toute évidence une manière de contourner la dimension sociologiquement hétérogène des jeunes concernés et d’oublier dans le même mouvement ce qu’est véritablement une « classe sociale ».