Affichage des articles dont le libellé est Québec. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Québec. Afficher tous les articles

mardi 19 juin 2012

« Printemps érable » dans les universités québécoises : cent jours de lutte.

En dépit des manœuvres de division et de diversion, des intimidations et de la répression, la plus grande manifestation étudiante qu’ait connue le Québec rentre dans sa 14e semaine de grève. Analyse

Après les 250 000 manifestants dans les rues de Montréal le 22 mars, le mouvement tend à s’intensifier avec la présence de plus de 300 000 étudiants, lycéens de CEGEP, professeurs et travailleurs dans les rues de Montréal le 22 avril dernier. Ils étaient sans doute autant ce 22 mai pour fêter le centième jour d’une grève qui ébranle le gouvernement libéral de la province. Depuis deux semaines, chaque soir, les étudiants grévistes de Montréal entament une manifestation dans les rues de la cité québécoise avec comme mot d’ordre : « Tous les soirs jusqu’à la victoire ! ». L’objectif du mouvement est d’obtenir le retrait du projet du gouvernement provincial d’augmenter les frais de scolarité de 1 625 $ sur cinq ans, soit 75 %. Il faut savoir qu’à l’heure actuelle, le système universitaire public québécois est un de ceux où les frais de scolarité les plus faibles du Canada et même d’Amérique du nord, en dépit d’une hausse de 50 % depuis 2007. Une année d’études coûte en moyenne 2 000 $ au Québec, contre 4 800 $ en Colombie-Britannique, 5 600 $ en Alberta et 6 640 $ dans la province voisine d’Ontario.

Charest essaie de venir à bout du mouvement
Face à cette mobilisation inédite, le gouvernement libéral de Jean Charest a eu recours à toutes les méthodes pour venir à bout du mouvement. Rappelons tout d’abord deux choses. Premièrement, que si le «Parti libéral» est perçu comme un parti de droite néo-libéral au Québec, il est à l’échelle du Canada un parti... de "gauche", l’équivalent du Parti démocrate américain. Cela souligne le décalage entre la vie politique canadienne et celle québécoise, cette dernière plus à gauche, bien que polarisée avant tout par la question de l’indépendance, brouillant la ligne de fracture traditionnelle gauche-droite. Deuxièmement, Jean Charest est un récidiviste. En 2005, il avait déjà dû reculé après avoir proposé un projet analogue qui avait entraîné plus de 200 000 étudiants dans les rues de Montréal. Reculé pour mieux sauter puisque une première hausse des frais de scolarité avait été entérinée en 2007.