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jeudi 16 mai 2013

L'Algérie qui lutte : fin de trois jours de grève dans le secteur de la santé qui furent très suivis... Et qui s'inscrivent dans de nombreux mouvements sociaux.

Je reproduis ici un article du journal "Le Soir d'Algérie"  sur la fin de cette action.
j'y ajoute quelques liens pour illustrer le mouvement des chômeurs (depuis mars 2013), les actions dans l'éducation, etc...


Santé : fin de la grève.


Troisième et dernier jour de la grève à laquelle avait appelé l’Intersyndicale de la santé. Les paramédicaux et les corps communs bouclaient, quant à eux, leur troisième semaine de protestation. Les syndicats à l’origine du débrayage n’ont été destinataires d’aucune offre de dialogue. Les grévistes sont menacés de sanctions.


Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Le chaos régnait toujours hier dans les structures de santé. Les praticiens, spécialistes et psychologues observaient le dernier jour de la grève de trois jours à laquelle avait appelé l’Intersyndicale de la santé regroupant le SNPSP, le SNPSSP, le Snapsy et le syndicat des enseignants en paramédical. Signe d’une tension perceptible dans les établissements de santé, des médecins ont été la cible de parents de malades excédés. Même avec l’arrêt de ce mouvement qui pourrait d’ailleurs reprendre très vite, la situation dans les structures de santé risque de ne pas s’améliorer puisque les corps communs et les paramédicaux poursuivent leur mouvement de grève illimitée entamée il y a déjà trois semaines. Aucun signe de détente, cependant. La tutelle n’a toujours fait aucune offre de dialogue aux différents syndicats du secteur. Pire encore, le département de Ziari minimise l’ampleur de la grève, affirmant que le taux de suivi était «marginal». Dans le dernier communiqué rendu public par le ministère de la Santé, le ton est loin d’être conciliant puisque les grévistes sont tout simplement qualifiés d’«extrémistes» et d’«irresponsables ». Dans ledit communiqué, le ministère de la Santé confirme avoir donné des «instructions fermes» aux responsables des établissements publics de santé pour «opposer à cette grève toutes les dispositions réglementaires » pour «éviter aux usagers de certains hôpitaux d'être les otages d'éléments extrémistes et irresponsables ». Les syndicats à l’origine de la grève sont qualifiés de «minorité» motivée par des considérations «en dehors du cadre syndical et professionnel ». Le communiqué rappelle que «des avancées notables ont été enregistrées dans la prise en charge des revendications des professionnels de la santé depuis le dernier trimestre de l'année 2012». Ses auteurs se sont félicités du comportement «responsable et digne de la plus grande partie du personnel médical et paramédical, qui continue à assurer sa noble tâche, sans céder à des incitations dont les motivations sont en dehors du cadre syndical et professionnel». Le ministère de la Santé a, encore une fois, fait part de sa «disposition à un dialogue franc» y compris avec «la minorité syndicale en grève illégale». Les concernés avaient déjà fait savoir que pour dialoguer, ils attendaient une invitation directe et non pas des communiqués.
N. I.


Si la grève dans le secteur de santé est finie, la colère demeure et aucune négociation semble ouverte.


Sur la grève nationale dans la santé reposant sur une question salariale : un petit article avec une caricature sur le premier jour de grève. Les taux de participation sur le site du syndicat (SNPSP) appelant à la grève (obligé : un big up pour les tiarétis : 80% de grévistes,avec des pointes à 100% certains jours.

Il y a sur bien sur le large mouvement des chômeurs qui a été fort aux mois de février - mars (la page facebook du comité du sud), on peut lire une tribune dans l'Humanité et plus largement sur ce blog. Ce mouvement continue en mai.

Et enfin, les différentes actions concernant le logement : ici, c'est à Tiaret (voir aussi l'article de la Nouvelle République)... mais cela existe aussi ailleurs.

mardi 19 juin 2012

« Printemps érable » dans les universités québécoises : cent jours de lutte.

En dépit des manœuvres de division et de diversion, des intimidations et de la répression, la plus grande manifestation étudiante qu’ait connue le Québec rentre dans sa 14e semaine de grève. Analyse

Après les 250 000 manifestants dans les rues de Montréal le 22 mars, le mouvement tend à s’intensifier avec la présence de plus de 300 000 étudiants, lycéens de CEGEP, professeurs et travailleurs dans les rues de Montréal le 22 avril dernier. Ils étaient sans doute autant ce 22 mai pour fêter le centième jour d’une grève qui ébranle le gouvernement libéral de la province. Depuis deux semaines, chaque soir, les étudiants grévistes de Montréal entament une manifestation dans les rues de la cité québécoise avec comme mot d’ordre : « Tous les soirs jusqu’à la victoire ! ». L’objectif du mouvement est d’obtenir le retrait du projet du gouvernement provincial d’augmenter les frais de scolarité de 1 625 $ sur cinq ans, soit 75 %. Il faut savoir qu’à l’heure actuelle, le système universitaire public québécois est un de ceux où les frais de scolarité les plus faibles du Canada et même d’Amérique du nord, en dépit d’une hausse de 50 % depuis 2007. Une année d’études coûte en moyenne 2 000 $ au Québec, contre 4 800 $ en Colombie-Britannique, 5 600 $ en Alberta et 6 640 $ dans la province voisine d’Ontario.

Charest essaie de venir à bout du mouvement
Face à cette mobilisation inédite, le gouvernement libéral de Jean Charest a eu recours à toutes les méthodes pour venir à bout du mouvement. Rappelons tout d’abord deux choses. Premièrement, que si le «Parti libéral» est perçu comme un parti de droite néo-libéral au Québec, il est à l’échelle du Canada un parti... de "gauche", l’équivalent du Parti démocrate américain. Cela souligne le décalage entre la vie politique canadienne et celle québécoise, cette dernière plus à gauche, bien que polarisée avant tout par la question de l’indépendance, brouillant la ligne de fracture traditionnelle gauche-droite. Deuxièmement, Jean Charest est un récidiviste. En 2005, il avait déjà dû reculé après avoir proposé un projet analogue qui avait entraîné plus de 200 000 étudiants dans les rues de Montréal. Reculé pour mieux sauter puisque une première hausse des frais de scolarité avait été entérinée en 2007.