Ecologie et industrie : une association qui peut paraître contre-nature tant on a opposé ces deux termes.
À un tel point que la confusion règne à gauche où la critique
légitime du productivisme est devenue par glissement la critique de la
production sans nuance.
L’industrie nous pose des problèmes de conscience : elle est à la
fois absolument nécessaire pour nos sociétés et en même temps elle
pollue, produit des déchets, présente des risques autour des sites de
production. La tentation est alors grande de réduire ce secteur voire
d'accepter tacitement la délocalisation vers d'autres pays pour ne pas
avoir à s'embarrasser de ses nuisances. Elle s'accompagne également
d'une dévalorisation des métiers liés à la production. Et il est vrai
que quantitativement, l'essentiel des emplois aujourd'hui est classé
dans le secteur des services, services pour- tant intimement liés à la
production. Ainsi, on ne perçoit pas immédiatement la catastrophe
économique pour un pays qui se sépare progressivement de ses industries :
par exemple l'irréversibilité concernant la perte de savoir faire sera
très grave pour l'avenir car il faudra des générations pour retrouver le
niveau technologique perdu dans certains secteurs clés.
Nous aurons donc toujours besoin de produire, et même de produire
plus et autrement compte tenu des besoins qui vont grandissants et de
l'état de pénurie qui règne chez les classes populaires. La vraie
question politique vraiment sérieuse, est bien de savoir comment mieux
produire et comment produire pour répondre aux besoins sociaux au sens
très large, en intégrant le respect de notre environnement. C'est en
renversant les critères, en privilégiant la valeur d'usage des produits
plutôt que la valeur d'échange (pour utiliser des termes marxistes) que
nous opérerons une transformation radicale de nos modes de production.


