mercredi 11 juillet 2012

Printemps arabe et Algérie : une très bonne analyse du professeur Aïssa KADRI.

Cet article est la reprise d'une analyse que ce professeur a développé lors de la rencontre qu'a organisé El Watan pour le 50ème anniversaire de l'indépendance de l'Algérie.
Outre les arguments qui ne placent pas les évènements en Algérie dans les années 80 hors de ce que vit la région actuellement Je trouve que ce qui est dit sur l'absence de lien entre élite et mouvement social très intéressant net assez transposable à la France.

SONNETTE D’ALARME POUR L’ ALGÉRIE...

Les mouvements sociaux qui ont affecté, ces derniers mois, les pays de la région arabe, dans de nouvelles formes de radicalité, ne sont pas le fruit du hasard.

Ils s’inscrivent dans des processus qui trouvent leur fondement dans les désenchantements qui ont suivi l’échec des nationalismes à la fin des années 1970, le reflux du tiers-mondisme et la montée de mouvements identitaires sous l’effet de l’emprise d’une mondialisation inégale. » C’est là l’analyse produite par le sociologue et professeur à l’université Paris 8, Aïssa Kadri, au troisième jour du colloque international d’El Watan « Quel destin pour quelle Algérie ? », organisé du 5 au 7 juillet à la salle Cosmos de Riadh El Feth (Alger).
« Les contestations de pouvoirs politiques illégitimes et oppressifs (printemps berbère, émeutes d’Octobre 1988, mouvement des archs) ne sont pas apparues comme porteurs de modalités de transformation au fond des systèmes en place. Elles ont même permis la consolidation des régimes autoritaires », indique en introduction l’intervenant. Aïssa Kadri estime que « les contestations sociales qui affectent les pays arabes sont de nature différente ». Cependant, poursuit-il, « on peut transposer et poser que la mort du Tunisien Mohamed Tarek Bouazizi, qui s’était immolé début décembre 2010 et est décédé deux semaines plus tard, en a été cet événement fondateur qui a traduit le refus et la rupture d’une jeunesse ».

Algérie, la fausse exception

Beaucoup d’arguments ont été avancés quant au fait que l’Algérie n’est pas concernée par les révoltes enregistrées dans des pays arabes. Pour certains observateurs, indique M. Kadri, l’argument de l’effet des violences et du conflit qui ont marqué la décennie 1990 n’ont pas été sans marquer et traumatiser les esprits par leur cruauté. Pour d’autres, l’aisance financière du pays, concomitante de l’augmentation du prix du baril, a permis d’acheter la paix sociale par une politique d’augmentation salariale et de corruption de larges pans de la société.
Dans un contexte de crise économique généralisée, et après des négociations assez formalistes tentant de sauver les apparences d’un Etat affaibli et déconsidéré, contrevenant à toute règle économique, toute catégorie qui manifeste, voit ses doléances se concrétiser. En troisième lieu, le sociologue cite un autre profil d’observateurs, plutôt locaux (Algériens), qui se retrouvent parmi les intelligentsias qui ont accompagné le pouvoir. Ces élites avancent que le jeune nationalisme algérien est plus exacerbé que d’autres et que les Algériens, échaudés d’ingérences intolérables (Libye), sont tout à fait conscients des enjeux de redéploiement de l’empire et de ses affidés.

mardi 10 juillet 2012

Une compilation de vidéos sur l'Histoire de l'Algérie.

Pour la trame, on peut se référer à la fiche Wikipédia de l'Histoire de l'Algérie.
Je ne fais que reprendre quelques vidéos de bonnes qualités pour illustrer les grandes phases de cette histoire. Comme toute compilation, c'est partiel et partial...

Pour la Préhistoire : une fiche wikipédia et une vidéo.

Pour l'Antiquité :



La situation politique en Algérie vue par Sadek Hadjeres.

Ceci est la reprise d'une interview trouvée sur le site  le Forum des démocrates.
Sadek Hadjeres est un militant communiste algérien qui tient le blog socialgérie.

Un nouveau premier novembre, pacifique, reste à faire 

Militant nationaliste de la première heure,  responsable durant la guerre de Libération nationale qui a fait rallier, avec Bachir Hadj Ali, le Parti communiste algérien à la révolution armée, homme politique et défenseur des libertés depuis l’indépendance, ancien secrétaire général du Parti pour l’avant garde socialiste, analyste et observateur averti, Sadek Hadjeres livre dans cet entretien sa vision sur l’Algérie d’aujourd’hui.


Quelle lecture faites-vous des résultats de l’élection législative du 10 mai ?
 
A l’approche du 10 mai dernier, les discours officiels nous avaient annoncé un évènement aussi considérable que le 1er Novembre 1954. Autrement dit, une rupture avec l’ordre politique ancien, sinon dans les résultats, au moins dans les intentions et les actes. Dans les faits, est-on sorti des incantations gratuites ? Prenons comme référence les espoirs et la mobilisation qui avaient accueilli l’insurrection nationale de 1954, pourtant pleine d’incertitudes. Combien d’Algériens vibrent aujourd’hui d’enthousiasme pour «l’exploit» officiel du 10 mai ? Le pouvoir a eu «son» Assemblée. Combien d’Algériens estiment après cela que l’opération électorale a redonné espoir et pesé de façon significative sur le contexte national et la conjoncture politique ? A peine si les méthodes de détournement du scrutin ont été en apparence un peu moins grossières, pour que les gouvernements d’Occident fassent semblant d’y croire. Les problèmes et les motifs d’insatisfaction majeure restent les mêmes. Dans cette stagnation, les traits négatifs du régime sont encore plus ressentis, du fait que les effets d’annonce sont démentis par les faits. Mais à y voir de plus près, cette opération de «pub» peu convaincante a le mérite, par rapport aux mascarades électorales traditionnelles, de servir de révélateur à certaines évolutions notables. Je parle ici de la seule politique intérieure. La politique extérieure, en dépit de ses insuffisances, est relativement moins sujette à critique dans le difficile environnement mondial et régional actuel, bien que fragilisée par le discrédit de la politique intérieure aux yeux de la population

Pensez-vous qu’il y ait eu à l’intérieur des évolutions dignes d’intérêt ? En quoi ?
 
Je relève notamment deux constats. Le premier constat, côté sphères dirigeantes, est qu’à la différence du triomphalisme habituel et sur le même fond rhétorique,  le discours et la démarche officiels témoignent d’un ébranlement, d’une fausse assurance devant les perspectives, d’une absence apparente de stratégie, de réponses contradictoires au coup par coup à l’avalanche des problèmes rencontrés. On a entendu des déclarations pessimistes, des bilans de faillite – mais sans références concrètes ou réelle autocritique – de la part de personnalités parmi les plus haut placées ou les plus habituellement arrogantes

La «sortie» récente d’Ouyahia est un modèle du genre. Les scandales et les remous spectaculaires sont devenus si fréquents qu’ils ne surprennent plus, tout en suscitant davantage de  réprobation. Le «souk» de bas niveau qui secoue depuis des mois le parti officiel usurpateur de légitimité du FLN historique, est l’image ultime de la régression que ses inspirateurs autoproclamés ont fait subir au pays. On aura tout vu en matière de comédie empressée à délivrer à ses auteurs une virginité patriotique et démocratique. De hautes personnalités du régime se sont jointes pour la première fois à l’hommage annuel rendu à Henri Maillot, alors que les officiels faisaient tout pour ignorer et contrecarrer cette cérémonie. Jamais trop tard pour bien faire, même si le geste de récupération politicienne a suscité la réflexion ironique des camarades et compagnons du héros tombé au champ d’honneur ! Où, dans quel camp étiez-vous et que faisiez-vous, vaillants résistants de la dernière heure, lorsque, le 4 avril 1956, ce jeune Algérien communiste et d’origine européenne, officier de l’armée française et combattant des CDL, a livré, avec ses camarades pour l’ALN qui en avait grandement besoin, un camion bourré d’armes pris à l’ennemi, tout en haussant d’un cran à l’intérieur et dans le monde la renommée de la cause algérienne ?  Les aveux explicites ou implicites émanant des sphères dirigeantes témoignent d’une étape où nul ne peut plus cacher le fiasco politique du régime. Il est désemparé, écartelé dans les labyrinthes des luttes sévères entre les clans à la fois rivaux et complices qui le composent. Les acteurs de ces rivalités d’appareils au sommet, même les plus sérieux, réalistes, ou simplement «repentis», sont dépassés par l’ampleur d’une crise globale qui a fragilisé la nation, du fait que la majeure partie des cercles dirigeants sont restés plus préoccupés par la conservation de leurs pouvoirs et privilèges que par la solution des multiples problèmes posés au pays et à la société. Bien entendu, le peuple et l’Algérie font les frais de ce désarroi

jeudi 5 juillet 2012

Tiaret (Algérie) : les salariés grévistes des moulins de Tiaret menacés par la police.

Reprise de l'article d'Alger Républicain.

Des dizaines de policiers tentent d’expulser les grévistes des Moulins de Tiaret

Devant la ténacité des travailleurs des Moulins des Frères Khatel à Tiaret qui sont à leur 7ème  mois de grève et qui occupent toujours les lieux, il y a lieu ce jour le 3 juillet une intervention de 3 cars de police, en présence d’un huissier et du gérant pour tenter de forcer à l’aide de cisailles les portes cadenassés et d’expulser les grévistes.

Regroupés à l’intérieur de l’unité et munis de bouteilles d’essence les travailleurs ont menacé de tout brûler. Ce qui a dissuadé les forces de police d’investir les lieux et les a contraints à se replier.

Les grévistes déclarent qu’ils ne reculeront devant aucune menace. Ils ne se plieront pas devant les intimidations de tout genre. Ils poursuivront leur action jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites.

Les citoyens ont constaté que les représentants de la presse locale observent un black out total sur cet événement. Leur silence dure depuis des mois

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mardi 3 juillet 2012

Tout est politique (II) : Pour combattre l'idée révolutionnaire, c'est mieux si on réécrit l'Histoire de la Révolution...

Cela a commencé dans les années 80 où l'on voit certains coco défroquées (François Furet en est le leader ) présentaient 1917 comme l'enfant de 1793... Et cela continue aujourd'hui où l'on présente les acquis révolutionnaires comment naturels, établis hors les luttes qui les ont établis, et où on voit la réhabilitation des Napoléons ou Tocqueville...
Voici une autre émission de radio Libertaire où l'histoire de la Révolution est abordée sous tous ses aspects...  

Tout est politique (I) : Comment combattre les "historiens" de garde ?

L'Histoire est une science. Comme toute science, elle implique une méthode, des périodes s'appuyant des sur des faits établis, un multiplicité de sources et d'approches. Et comme toute science, une remise en cause permanente du savoir . Science sociale, elle permet de comprendre notre construction politique et comment se construisent et s'affrontent les idéologies.
Et là, nous assistons à un retour des historiens de grade, qui définissent ce qui serait la vraie histoire. Et le succès du livre "Métronome", est un parfait exemple...
Je commence donc par reprendre une émission de radio Libertaire :  radio Goliard (anarchiste) sur la question où on commence par Lorant Deutsch pour comment la déconstruction des écrits d'Attali, Gallo, Ferrand et autres...