mercredi 18 décembre 2013

Quand l'Algérie souligne la qualité de l'économie française...

Étrange silence de la presse française sur le voyage de Jean-Marc Ayrault en Algérie. Dans ce débat qui a été diffusé sur France 24 et à la télé Algérienne, les intervenants algériens soulignent combien nous avons des atouts pour diversifier nos débouchés économiques. Seulement, il faut que le patronat ne se croit pas en territoire conquis, qu'il y ait une volonté d'oser. Ils soulignent aussi les limites des capacités d'investir pour les PME-PMI qui n'ont qu'une dimension familiale. Un débat très utile car il aborde tous les aspects des liens qui nous lient d'une façon particulière.

mardi 17 décembre 2013

Un peu de Miel ( والعسل قليل)

Parce que devant les froideurs de l'hiver et les troupeaux de cons de racistes, de réactionnaire et d'intégristes qui nous font chier... Un peu de musique de la scène pop algérienne, cela a un côté bien tranquille avec un petit côté politiquement incorrect !

jeudi 12 décembre 2013

La soirée d'hommage à Nelson Mandela au siège du PCF.


Soirée hommage à Nelson Mandela au siège du PCF... par CN-PCF
Hommage à Nelson Mandela - Hael Al Fahoum par CN-PCF

Situation en Ukraine : les précisions du Parti communiste ukrainien pour une meilleure compréhension.

UKRAINE - appel du Parti communiste d’Ukraine,
Comité Central - 9 décembre 2013

Chers camarades,
Tous les pays civilisés du monde ont été submergés par une vague d’informations sur la situation complexe qui prévaut en Ukraine. Lundi 2 décembre 2013, les titres des premières pages des plus grands journaux et les éditions en ligne du monde entier traitaient de la révolution en Ukraine, d’émeutes, d’opposition publique et de crise politique. L’attention de la communauté internationale était braquée sur l’Ukraine.

Dans le but d’ éviter tout malentendu concernant cette situation, de permettre une compréhension correcte de la réalité et de donner des renseignements excluant toute spéculation ou provocation, le Parti Communiste d’Ukraine tient à fournir des explications aux membres du mouvement communiste international et du groupe des partis du travail, et à leur communiquer des informations exactes sur la situation réelle en Ukraine et sur les raisons qui ont entraîné le peuple ukrainien à monter sur les barricades.

La raison essentielle de la crise politique en Ukraine est la grande erreur que le Président Viktor YANUKOVYCH a faite en matière de politique étrangère. Depuis presque trois ans le Président et le Gouvernement d’Ukraine n’ont cessé d’abreuver la société ukrainienne de promesses sur l’Union Européenne. Or, ils ont passé toutes ces années sans entreprendre des démarches effectives en faveur d’une intégration européenne de l’Ukraine, alors que parallèlement grandissaient les tensions avec la Russie et que l’on s’approchait d’une fracture au sein de la société ukrainienne. Dans le même temps ; l’opinion publique en Ukraine était divisée entre les partisans et les opposants de l’intégration européenne.

C’est pour cette raison que le Parti Communiste d’Ukraine a voulu entreprendre tout ce qui était possible pour organiser la tenue d’un Référendum sur les priorités de la politique étrangère future de l’Ukraine. Nous étions convaincus que pour éviter une fracture au sein de la société, c’est au peuple d’Ukraine, et à lui seul, que revient le droit de choisir les priorités de la future politique étrangère.

Mais, le Gouvernement en place, dirigé par le Président de l’Ukraine, s’est opposé avec force à toutes les actions du Parti Communiste d’Ukraine : blocage de décisions prises par la Commission Électorale Centrale d’Ukraine, décisions de justice interdisant la tenue de réunions destinées à organiser des groupes d’action en faveur d’un Référendum, interdiction de la collecte de signatures pour un référendum etc….Donc, abandonnant le projet de référendum et la politique de rapprochement avec l’Union Européenne et élargissant ses visées en direction de la Russie, le Président et le Gouvernement d’Ukraine ont montré qu’ils n’étaient pas intéressés de connaître l’opinion du peuple ukrainien.

mardi 10 décembre 2013

Brève Histoire du lien entre les Révolutionnaires et la République par Michel Vovelle.


Les révolutionnaires et la République de 1789 à nos jours, Michel Vovelle*




Révolution et République semblent former l'un de ces vieux couples que l'on aime à classer parmi les fameuses exceptions françaises. Faut-il considérer à présent que cet itinéraire commun est entré, au gré d'un bicentenaire éludé et des bouleversements de l'ordre du monde, dans les limbes d'un passé révolu ?

Révolutionnaires et République, depuis 1789 jusqu’à nos jours : voilà un thème qui pourrait paraître rebattu, et en tout cas qui ne m’est pas indifférent, tel que je l’ai abordé dans La passion de la République (1992) puis dans 1789, l’héritage et la mémoire (2007). Qu’est-ce qui est passé de mode, la République ou les Révolutions, jusqu’à leur nouvelle explosion controversée depuis 2011 ? Les deux dira-t-on. La Révolution est (ou était) terminée et François Furet avait gagné, les républiques faisaient piètre figure.

En France, c’était comme la fin d’un vieux couple, d’un de ces mariages mal assortis quoiqu’assez durables bien que fondés sur un malentendu. Maurice Agulhon, sans méchanceté mais avec l’humour discret qui le caractérise, l’avait illustré par la citation d’une « bavure » municipale à Andernos en Gironde célébrant sur son monument la République née le « 21 septembre 1789 » [au lieu du 21 septembre 1792, ndlr.] ! Quelle erreur inexcusable pour des contemporains de Jules Ferry que ce court-circuit chronologique… mais combien révélatrice d’une culture politique de la Troisième République, qui associait jusqu’à les confondre les deux notions Révolution et République.
Ciblant d’abord le temps de la Révolution de 1789-93, nous savons bien que cette symbiose n’allait pas de soi. En 1789, l’idée même de République n’était pas à l’ordre du jour. Jean-Paul Marat, le seul ou presque qui dans Les chaînes de l’esclavage  en ait appelé dès les années 1770 aux « feux de la sédition » et à la subversion violente ne présentait pas la République comme une panacée. D’autres non plus même s’ils ont laissé échapper le mot de Révolution, comme Jean-Jacques Rousseau (« Nous vivons le temps des Révolutions »). Car pour les observateurs ou les penseurs des Lumières finissantes, les républiques contemporaines c’était Venise, vieille oligarchie décrépite, les Pays-Bas ou les Cantons suisses, au pouvoir contesté d’élites fermées. Certes, à ce tableau dissuasif y avait-il deux échappées qui redonnaient au mot de République valeur d’idéal ou d’espoir : une dans le passé, l’autre dans un présent encore incertain. Dans le passé, c’était la République romaine, cette référence antique dont tous ou presque sont alors imprégnés, référence morale et politique à des valeurs plus encore qu’à des institutions anciennes. Dans le présent un présent que maniant volontairement l’anachronisme je me risquerai à comparer au regard interrogatif que nous portons aujourd'hui sur les Révolutions arabes se déroulaient les épisodes que nous nous sommes accoutumés à désigner comme les Révolutions atlantiques. Soit bien sûr, au premier rang, la guerre d’indépendance des treize colonies américaines, qui devait donner naissance à la République des États-Unis, dont il n’est pas question de sous-estimer l’effet.

Un Impôt juste et redistributif est aussi un Droit de l'homme... que le patronnat cherche surtout à remettre en cause !


La République et l’impôt, Pierre Crétois*

Les questions de l’impôt et de la redistribution prennent tout leur sens dans l’articulation la plus harmonieuse possible de la protection des personnes et de l’intérêt commun.
  

Le rapport de la République à l’impôt n’est pas tout simple. Entendons-nous sur le fait que la République est à la fois une réalité historique et institutionnelle qui, en France, naquit avec la Révolution et, après un moment d’éclipse au début du XIXe siècle, fut durablement réactivée à partir de 1870. « Répu­blique » est aussi un mot politique magique dont le contenu est, pour ceux qui l’emploient, assez flou. La République, enfin, est un objet théorique dont le sens minimal pourrait se résumer dans la primauté du bien commun sur toute autre considération et donc aussi dans l’exigence de vertu civique – par vertu, on entend le fait d’avoir conscience de l’importance du bien commun.
Il ne s’agit pourtant pas de sacrifier l’individu au bien commun en lui imposant, par exemple, des sacrifices à travers des prélèvements obligatoires qui compromettraient l’accès aux ressources nécessaires. Dans une société individualiste, le bien commun passe par le respect absolu de l’intégrité des personnes. Ce point est d’importance car on s’aperçoit alors aisément qu’un enjeu essentiel pour une République convertie à l’individualisme, c’est l’articulation la plus harmonieuse possible de la protection des personnes et de l’intérêt commun. C’est dans ce cadre que les questions de l’impôt et de la redistribution prennent tout leur sens.


Restriction du droit de propriété ou modèle redistributif

La manière dont les républicains se sont positionnés par rapport à l’impôt dépend du contexte historique de leurs discours. Durant l’Ancien Régime, les premiers républicains modernes se sont efforcés de poursuivre les voies de l’émancipation individuelle notamment en s’opposant à l’imposition confiscatoire exigée par les seigneurs affamant les paysans, ils ont pu alors, et dans ce contexte, s’opposer à l’impôt et promouvoir la protection absolue de la propriété individuelle. Par ailleurs, jaloux de l’indépendance et de la vertu civique, les premiers républicains considéraient que l’État n’avait pas à remplir les greniers des particuliers mais seulement à s’assurer que chacun puisse se procurer le nécessaire par son propre travail sans avoir à se soumettre au pouvoir d’autrui. Mieux encore, si la redistribution est une manière de déléguer à des fonctionnaires le soin de la chose publique, elle est, pour les premiers républicains, le signe de la corruption des mœurs. Chacun doit, en effet, donner directement de sa personne pour la chose publique. Les premiers républicains modernes avaient donc tendance à être sinon défavorables au moins critiques à l’égard de l’impôt et de la redistribution.

Lutte contre l'extrême-droite : Face à ce danger, le mouvement communiste devrait se réapproprier le meilleur de la tradition nationale.


Que pouvait-on répondre philosophiquement aux nationalismes triomphants des années 1930 ? Fallait-il leur opposer un refus pur et simple de la nation ? Henri Lefebvre en 1936 s'engageait dans la voie contraire. Le nationalisme prétendait défendre la nation ? Henri Lefebvre montre qu'en réalité il menaçait son unité. En désignant un « ennemi intérieur », il créait les conditions d'une guerre civile larvée. Face à ce danger, le mouvement communiste devait se réapproprier le meilleur de la tradition nationale.
Par Henri Lefebvre, (1901-1991),
philosophe. Il a notamment enseigné aux universités de Strasbourg et de Nanterre.

" Dans l'antipatriotisme proprement dit, plusieurs éléments peuvent se discerner. Il a souvent comporté une solidarité profonde avec le prolétariat et les opprimés de tous les pays. Dans certaines circonstances, ce sentiment s'est violemment opposé au sentiment national. Mais une opposition aussi nette et absolue porte la marque d'une conscience encore hésitante, qui sépare les faits et les idées, et n'en voit pas les rapports. Il n'est pas prouvé que le sentiment national soit nécessairement autarcique et impérialiste. Ses origines sont révolutionnaires. D'une part, il n'est pas davantage démontré que l'internationalisme soit exclusif du sentiment national. Certes Marx et Engels ont déclaré que les prolétaires n'ont pas de patrie ; ils ne doivent pas se considérer comme liés par un sentiment de fidélité à un ensemble de choses et d'institutions qui n'ont de réalité et de sens que dans certains rapports de propriété. Mais Marx et Engels n'ont jamais dit que le prolétariat était sans nationalité, et ne se trouvait pas devant des problèmes nationaux. L'opposition absolue entre le sentiment national et l'internationalisme n'est pas marxiste ; car aucune affirmation absolue n'est dialectique. Elle exprime une maladresse idéologique. L'antipatrio­tisme de principe ressemble aux premières réactions des ouvriers devant les machines ; ils voulaient les détruire. Ils ont peu à peu compris que ce n'était pas la solution. Il ne faut pas plus détruire la technique administrative, la machine étatique nationale que les machines des entreprises et le système comptable des banques. Il faut les remanier et les utiliser suivant les exigences qui sont celles du prolétariat et en même temps celle de la civilisation industrielle moderne.

Deux nations dans la nation
 
Le prolétariat a eu parfaitement raison de se défier d'un sentiment que ses maîtres surent capter et diriger. Il faut un degré plus élevé de conscience pour comprendre la plasticité du sentiment national, sa spiritualité, son lien complexe avec la politique – pour comprendre que son caractère réactionnaire lui est venu de certaines circonstances précises et modifiables. Le sentiment national a été capté et utilisé politiquement contre la nation authentiquement réelle, contre le peuple. Mais le prolétariat peut à son tour s'en emparer ou récupérer l'œuvre spirituelle de la communauté populaire. Délivré du fétichisme et des rites formels, le sentiment national n'est-il pas l'amour d'un sol imprégné de présence humaine, l'amour d'une unité spirituelle lentement élaborée par les travaux et les loisirs, les coutumes et la vie quotidienne d'un peuple entier ? Dès que l'on comprend cela, on comprend aussi que la culture nationale, en se séparant de ce contenu et de ce fondement vivant, devient formelle, abstraite, et se disperse, s'exténue, s'enfonce dans la vulgarité bourgeoise. Alors la communauté dans la nationalité prend toute sa signification. L'antipatriotisme peut passer pour un sentiment national refoulé et frustré. Les richesses matérielles et spirituelles de la communauté échappaient à ceux qui contribuaient si profondément à leur création. Elles leur échappent encore dans la plupart des pays du monde. Une classe de maîtres, une petite minorité les a confisquées. La communauté nationale n'est pas accomplie. Il y a deux nations dans la nation [...]. 

dimanche 27 octobre 2013

Ag de l'ANPNPA : le compte rendu de Rosa Moussaoui dans l'Humanité du 15 octobre.

Pieds-Noirs. Le désir de tisser des liens entre « frères des terre ».

Martigues accueillait, samedi, l'assemblée générale de l'association des pied-noirs progressistes et leurs amis. Il était question de mémoire, d'amitié franco-algérienne, de lutte contre la montée des idées d'extrême droite.

Il y a, entre eux, ce lien indicible et un peu mystérieux qui unit les enfants d'un même pays natal. On le sent à la façon dont ils se présentent, en déclinant leur ville de résidence en France et celle de leur enfance, en Algérie. Mais il y a plus. Un élan de générosité, de solidarité, de fraternité. Fraternité : ce mot était sur toutes les lèvres, il semblait imprégner chaque geste, samedi, à Martigues, lors de l'assemblée générale de l'Association des Pieds-Noirs Progressistes et leurs Amis (ANPNPA). Née il y a cinq ans, à l'initiative d'une poignée d'amis, l'association a bien grandi. Elle compte aujourd'hui près de trois cents membres et multiplie les rencontres, les initiatives, les voyages de l'autre côté de la Méditerranée. Ses objectifs ? « Renforcer les liens d'amitié entre les peuples français et algérien et lutter contre la montée du racisme, de la xénophobie, des idées d'extrême droite », résume son Président, Jacques Pradel, un homme chaleureux, natif des Hauts Plateaux. A l'écouter, à le voir plaisanter en arabe dialectal avec ses amis, on se dit qu'on est aux antipodes de la caricature du pied-noir raciste et nostalgique de la colonisation véhiculée par ces officines d'extrême droite qui pullulent sur la côte méditerranéenne.
Hôte de la rencontre, le Député Maire communiste de Martigues, Gaby Charroux, lui-même natif d'Alger, se réjouit de voir cette caricature battue en brèche. « Cette association est dans le souvenir, la mémoire, mais surtout dans la projection vers un avenir de réconciliation. La libre décision des peuples et leur indépendance sont des vérités de l'histoire, expose l'élu. Il y a eu chez de nombreux pieds-noirs une crispation, une souffrance immense qui n'a jamais été dépassée. Cette souffrance est manipulée par l'extrême droite. Au contraire, l'Association des pieds-noirs progressistes porte des valeurs de solidarité, de fraternité, d'ouverture. Elle prouve que tous les pieds-noirs ne sont pas enrôlés dans les bataillons d'électeurs du Front national. »

lundi 14 octobre 2013

Émanciper le présent du passé colonial : interview de Jacques Pradel, Président de l'ANPNPA dans le journal Cerise.


Face à la montée de l’islamophobie et de l’extrême droite, rompre avec les lectures coloniales et racistes, ainsi qu’avec les tabous de “l’histoire officielle”, est une ardente obligation. Entretien avec Jacques Pradel, président de l’Association nationale des Pieds Noirs progressistes et de leurs amis (ANPNPA).

Plus de quarante ans après la fin de la guerre d’Algérie et le départ de la majorité des Pieds Noirs pour le continent, pourquoi se mobiliser en tant que “Pieds Noirs progressistes” ?

Nous avons deux raisons d’accoler progressiste à Pied Noir. D’une part, il s’agit de dénier aux associations qui regroupent anciens de l’OAS et Pieds Noirs nostalgiques bornés de l’Algérie française, qu’il faut distinguer des “amicales”, éventuellement sympathiques, le droit de parler au nom de nous tous. Les Pieds Noirs se sont resitués dans les contradictions de la société française et se distribuent sur l’ensemble de l’échiquier politique. Nous entendons ainsi porter témoignage, en tant que Pieds Noirs, de ce que furent la colonisation, la guerre d’indépendance et les crimes commis durant 132 ans par la France en Algérie. De ce point de vue, notre association aurait pu être créée plus tôt.
D’autre part, nous entendons prendre toute notre place pour combattre la montée des idées de l’extrême droite, si entretenues et banalisées sous Sarkozy, si peu et si mal contredites aujourd’hui sous Hollande. Combattre notamment, en tant que Pieds Noirs et enfants d’Algérie, la réactivation du racisme anti-“arabe”, ce relent de notre passé colonial.

Vous essayez de briser le monopole des discours “officiels” à propos de l’Algérie - discours des “nostalgériques” d’une part, discours de l’État algérien et de l’État français d’autre part. Quelles sont les difficultés de ce combat ?

Le discours “nostalgérique” est très primaire, réduisant la conquête de l’Algérie à la nécessité, en 1830, de libérer les esclaves chrétiens d’Alger du joug ottoman, la colonisation aux “aspects positifs”, et la guerre aux massacres du FLN !
Rien ne sert de s’y arrêter, sinon pour relever combien ce discours est utilisé en France par le FN bien sûr, mais aussi par la droite “classique”. Pour celle-ci, il s’agit moins de séduire l’électorat pied noir, qui vote comme les autres Français, que d’adresser un message aux électeurs d’extrême droite (1).

Quant aux États, ils démontrent la même volonté d’occultation. En France, l’histoire commune avec l’Algérie n’a jamais cessé d’être interprétée et ces interprétations d’être prises comme arguments dans le débat politique national. Le précédent gouvernement, Sarkozy, ne déviant en rien de sa ligne politique de compromission avec l’extrême droite, ne prit aucune initiative positive vers l’Algérie, et continua d’alimenter les campagnes odieuses de réhabilitation de l’OAS, les caresses, maladroites, adressées aux associations de harkis et de Pieds Noirs “nostalgériques”.La ligne du gouvernement dirigé par le Parti socialiste, heureusement d’une autre nature, reste cependant bien loin de l’ouverture nécessaire. Ainsi, tandis que le président Hollande reconnaît « la sanglante répression », et non le crime d’État que fut le massacre de centaines d’Algériens le 17 octobre 1961 à Paris, le ministre Le Drian rend très officiellement hommage au sinistre général Bigeard. Si un pas en avant a été franchi avec la visite du Président en Algérie et ses discours sur le « caractère injuste et brutal de la colonisation », de tels propos restent très timides pour qualifier le fait colonial et les crimes qui l’ont accompagné.

En Algérie, la nébuleuse politico-militaire au pouvoir depuis l’indépendance n’a cessé de formater l’histoire pour conforter sa domination autoritaire et sans partage. Dès l’indépendance, le parti unique FLN a imposé une version “culturaliste” de l’identité nationale algérienne, gommant la richesse formidable que constituent les diversités ethniques, linguistiques et culturelles du pays. Ce que Ben Bella dans un de ses premiers discours de 1962 résumait par « Nous sommes arabes, nous sommes arabes, nous sommes arabes ! … Et l’Algérie est un pays arabe et musulman »…

L’enseignement de l’histoire (tel que toujours pratiqué !) complète le tableau en posant que l’Algérie n’a qu’une histoire, et que celle-ci commence avec les invasions arabes et se termine avec une guerre d’indépendance idéalisée, menée par le peuple héroïque uni derrière le FLN et l’Islam face au colonialisme français.
Aujourd’hui, face à une situation sociale particulièrement tendue et à un système politique bloqué, la caste au pouvoir n’a d’autre projet que de maintenir sa domination.
À cette fin, elle déploie ses deux armes favorites : un autoritarisme administratif et policier pour contenir la contestation sociale, et, en balance, une version purement idéologique et falsificatrice de l’histoire pour conforter l’identité, la fierté, la solidarité nationales. Dans le même temps, la “guerre des mémoires” a été soigneusement entretenue par un jeu de surenchères réciproques, qui culmina avec la menace coté algérien d’une loi exigeant la « repentance », brandie en réponse au projet français d’une loi évoquant les « aspects positifs » de la colonisation.

Ces discours ont largement pénétré les consciences, d’un côté comme de l’autre de la Méditerranée. Comment procédons-nous pour les combattre et les dépasser ? En Algérie, par des “voyages militants”, tolérés et ignorés par le pouvoir, mais remplis de débats, de rencontres avec des associations, d’articles dans la presse francophone, d’interviews radio… mais aussi par le suivi des contacts établis et par des actions menées en commun. En France, par des initiatives visant au renforcement de l’amitié entre les peuples des deux rives, par un engagement contre le racisme et la xénophobie, par la contestation publique du discours “nostalgérique”. Il est, de ce point de vue, particulièrement important pour nous de prendre langue, d’échanger, de travailler ensemble, avec nos frères algériens ou d’origine algérienne, avec des associations qui les représentent dans nos villes et nos quartiers.

lundi 7 octobre 2013

Municipales 2014 : Quelques interventions lors du Conseil National du PCF du 5 et 6 octobre.

Pour voir l'intervention de Michel Passet lors du CN du 6 octobre, elle est sur le site de la FD PCF 34. Voir aussi l'appel départemental sur la question.
Ci-dessous, l'intervention de Pierre Laurent lors de la conclusion de la rencontre des animateurs du Parti et Yann Le Pollotec sur les règles des élections municipales de 2014.


Municipales 2014 - Réunion nationale des... par CN-PCF


Elections municipales et communautaires : les... par fede76

vendredi 20 septembre 2013

Municipales 2014 : l'adresse des communistes de l'Hérault.


Madame, Monsieur,

Nous sommes à moins d’un an des élections municipales.
  • L’ampleur de la crise, la politique gouvernementale, celle de l’Europe en déstabilisent beaucoup. Frappés dans leurs convictions, marqués par les difficultés de la vie, un avenir plus qu’incertain, nombreux s’interrogent et vont de renoncement en renoncement.
  • Le résultat des élections présidentielles, et ne pas oublier celui des élections législatives, sont complexes, plus qu’il n’apparaît, notamment dans notre département.
Après ces deux élections, l’élection municipale sera la 1ère consultation nationale. Avec plus ou moins d’importance, cette campagne est engagée dans toutes les communes.
Certes, les situations locales sont très diverses, les rapports de forces politiques, les pratiques politiques très différentes.
Mais la volonté des communistes se veut force de propositions, en rassemblant au niveau des forces politiques, le Front de Gauche et bien au-delà. En proposant les bases d’un vaste rassemblement populaire sur un contenu de progrès social, économique s’opposant à la crise, proposant l’humain au centre.
  • Quel enjeu ?
Certes ces élections vont élire des équipes qui gèreront pendant 6 ans les communes. Mais au-delà de leurs compétences, que faire pour que les municipalités soient de véritables leviers pour lutter contre la crise politique, économique, sociale qui frappe durement ce département, avec des conséquences aujourd’hui, et le pire est pour demain que nous sous-estimons, ou qui souvent nous contraint à l’impuissance.
  • Redonner du sens à l’engagement politique.
L’Hérault est politiquement ravagé à droite comme à gauche. Les valeurs du politique ont laissé la place aux tractations, au manque d’ambition, l’intérêt général est trop souvent oublié.
  • Malgré toutes les difficultés, les interrogations parfois légitimes, nous croyons à l’existence d’un mouvement populaire, nous croyons en la nécessité de le réveiller face à la droite et à l’extrême-droite si menaçantes dans cette région.
Nous considérons comme une honte pour tous les démocrates l’élection d’un député du Front National dans le Gard, le fait que depuis trop longtemps la droite, à l’exception de Montpellier, dirige les grandes villes et la plupart des villes moyennes de cette région.

Prenez le large avec Louis Burton (Bureau Vallée) lors de la Jacques Vabre 2014.



Voir le site de La Transat Jacques Vabre de Louis Burton de My Major Company.

mardi 17 septembre 2013

Tiaret : Les platanes de la Place Carnot... Un livre à deux voix sur cette ville et sur cette période...

"Tiaret : Les platanes de la Place Carnot" : un livre de nouvelles qui ont été écrites par Abdelkader Belarbi et Pierre Pradel, tous deux natifs de Tiaret.

Ils ont co-écrit un ouvrage composé de nouvelles concernant des personnages réels ou fictifs qui évoquent des moments de vie avant, pendant ou après la guerre d'Algérie.
Le fil rouge du livre est la pendaison de trois patriotes algériens sur la place Carnot le 8 juin 1958.
Ce livre, réquisitoire contre le colonialisme, met en avant les joies et souffrances des peuples algérien et pied noir qui ont pu vivre à côté sans jamais vraiment se rencontrer. Il pose le besoin de cette rencontre plus que jamais nécessaire, par une coopération économique et culturelle dégagée de toute rancœur et racisme entre les peuples algérien et français.

Le livre sortira en octobre 2013. Pour plus de renseignements, pour commander le livre ou prendre contact avec les auteurs : pradelpierre@wanadoo.fr (
15€ +1,85€ de port)


lundi 2 septembre 2013

Municipales de Montpellier : Un bilan des élus communistes de Montpellier à la politique publique locale.

Contribution de Jean Déan, conseiller de district de 1996 à 2001 et conseiller municipal de 2011 à 2006. Pour plus d'infos sur le groupe communiste de Montpellier : voir la page facebook (en libre accès).
Établir un bilan est un exercice difficile qui suppose une documentation organisée que je n’ai pas, qui n’existe pas, me semble-t-il, au niveau du Groupe. Je me contenterai donc d’avancer quelques avis sur l’utilité des élus communistes dans ces deux instances de pouvoir et de responsabilité que sont le Conseil Municipal et le Conseil d’Agglomération (anciennement Conseil de District).
Je dis bien utilité – en quoi donc avons-nous été utiles aux Montpelliérains ? Quelles batailles (publiques ou non) avons-nous menées et qui peuvent être mises à notre crédit ? Quelles tentatives ou propositions n’avons-nous pas réussies à faire devenir réalité ? Quelles perspectives aurions-nous dû pousser plus avant et pour lesquelles nous avons été timorés voire insuffisants ?

Nos réussites.
 
Peuvent être mis à notre crédit, me semble-t-il, les éléments suivants :

- Nous avons empêché Georges Frêche d’aller plus loin dans ses projets mégalomaniaques de réorganisation territoriale : une grande Agglomération couvrant l’espace de Sète à Lunel. Au principe de fusion nous avons opposé avec succès le principe de coopération et c’est ce chemin qui prévaut encore aujourd’hui.

- Nous avons empêché Georges Frêche de donner corps à son projet de Maison de l’Algérie qui n’était qu’un outil au service d’un passé colonial que l’on voulait réhabiliter. Les perspectives envisagées aujourd’hui, tenant compte des analyses historiques existantes, prônant des relations renouvelées entre la France et le Maghreb, vont dans le bon sens, puisqu’elles s’engagent sur le terrain d’une meilleure connaissance des civilisations et des cultures par une coopération future à inventer entre pays méditerranéens.

- Est-il besoin de d’ajouter que la présence de Montpellier reconnue dans le réseau des Villes Santé OMS doit beaucoup aux élus communistes qui ont été par ailleurs particulièrement actifs en direction des publics jeunes en difficulté, familles monoparentales, personnes âgées ?

- Est-il besoin de rappeler que les avancées réalisées durant le mandat 2008 – 2013 : création d’une Délégation Jeunesse, avec service géré par une instance où les jeunes sont majoritairement représentés, sont d’abord le fait d’un long travail de persuasion des élus communistes au fil des ans ?

Un même effort a été accompli durant plusieurs mandats dans le domaine de la petite enfance sur impulsion de nos élus responsables.

L'URSS, sa chute et l'avenir du marxisme, vus par Eric J. Hobsbawm.

« Pour tous ceux qui se sont convertis au communisme avant l’époque antifasciste, la jeune Union soviétique était un élément essentiel. Il nous a été très […] difficile de nous libérer du mythe de la révolution d’Octobre. L’URSS était la base dynamique de la révolution mondiale. C’est un sentiment que je n’ai, par exemple, jamais éprouvé avec la révolution chinoise, dépourvue de toute dimension universelle. […]. Ce n’est qu’au fil du temps que nous sommes devenus de plus en plus circonspects vis-à-vis du type de socialisme qui régnait en URSS.
Jusqu’aux années 1960, nous pensions qu’il progressait. Ce n’est qu’à ce moment-là que nous nous sommes rendu compte qu’il piétinait. […] Mais s’il n’y avait plus grand sens à être communiste après 1956 en Angleterre, la situation était tout à fait différente ailleurs. C’est après 1956 que le Parti communiste espagnol a accru ses effectifs pour devenir une force d’opposition à Franco ; et en Amérique latine, les intellectuels étaient trop occupés à préparer une révolution qui paraissait possible pour réagir à la révélation des crimes du stalinisme. […]
J’ajoute que nous aurions dû découvrir la terreur stalinienne plus tôt, faire plus attention, mais l’URSS incarnait la force anti-réactionnaire. Même dans les années 1945-1950, Staline conservait une image de libérateur international acquise grâce à l’action de l’Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que c’était un tyran à l’intérieur de l’URSS. La dialectique était parfaitement tragique !

Une promesse de libération

Pour nous, dans les pays de l’Ouest, surtout pendant la guerre froide, l’URSS était la superpuissance de l’avenir. Jusqu’à la fin des années 1950, économistes et hommes politiques occidentaux pensaient même que le dynamisme de la Russie dépasserait celui de l’Occident ; nous éprouvons le même état d’âme actuellement face à la Chine. Mais, après 1960, il était absolument évident que ce ne serait pas le cas.[…] Dans le Tiers Monde, l’URSS était d’abord la promesse de la libération du joug colonial, ensuite la voie d’un progrès économique non capitaliste plus abordable que le marché libre. Au cours des années 1940-1950, et même au-delà, l’URSS représentait un modèle de développement. Les Indes cherchaient ainsi à imiter cette économie planifiée bien qu’elles ne fussent pas communistes. La planification économique semblait en effet rendre possible le saut d’un pays agraire à l’industrialisation […]. Ensuite, l’organisation soviétique de l’enseignement, l’émancipation, les mesures anti-féodales séduisaient beaucoup de gens. [..] Cette fonction de modèle a perduré jusqu’à ce que des populations moyen-orientales tentent de l’appliquer à leurs propres États ; elles se sont alors heurtées à de farouches résistances.
C’est l’Afghanistan qui a marqué cette rupture. Jusqu’aux années 1980, il s’était en grande partie inspiré du soviétisme. Lorsque les communistes y ont pris le pouvoir, ils ont entrepris de vastes réformes bénéfiques pour le pays. […] La réaction islamiste, appuyée par les activismes états-unien et saoudien, a eu tôt fait d’effacer des mémoires que les gouvernements prosoviétiques de Kaboul ont électrifié le pays, mis sur pied une éducation féminine, des hôpitaux acceptables bien que primitifs, et certaines nécessités infrastructurelles comme l’eau potable et des routes dans des régions indiennes.

L'Algérie, De Gaulle et la Bombe... Un documentaire sur la naissance du nucléaire français dans le Sahara.

vendredi 26 juillet 2013

Nos axes de combat pour une un vrai système de retraite démocratique.


60 ANS : UNE PROPOSITION D'AVENIR !

1 - Fixer le départ en retraite à 60 ans à taux plein

2 - Assurer le montant du taux de remplacement à 75% du salaire de référence à partir des 10 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public, au nom de l’équité public/privé, en engageant le principe qu’aucune pension distribuée ne puisse être inférieure au niveau du SMIC.

3 - Indexer l’évolution du niveau des pensions sur les salaires et non sur les prix.

4 - Valider les années de formation comme des années travaillées afin de ne pas faire des besoins de qualification des handicaps au bénéfice de la retraite à 60 ans.

5 - Engager de véritables négociations sur la pénibilité du travail pour un réel départ anticipé et sur situation des « entrées dans le monde du travail précoce » qui doivent avoir un départ anticipé (tous les dispositifs d’apprentissage par exemple).

jeudi 25 juillet 2013

Hamdi Ferhi, coordinateur national du Mouvement démocratique et social (MDS), répond aux questions d'El Watan.

C'est toujours un plaisir de lire les positions de nos camarades algériens et de connaitre la situation politique de nos voisins d'en face...

Hamdi Ferhi indique dans cet entretien accordé à elwatan.com que « ce n’est pas la Constitution élaborée par le pouvoir de Bouteflika qui remettra le pays dans la voie de la démocratie, du progrès et de la justice sociale ». 

Le MDS vient de tenir son congrès. Cela signifie t-il que la crise est derrière vous ? 
Le MDS a tenu son congrès avec la majorité des membres du conseil national de 1999. Si la crise organique est derrière nous, il reste à construire un MDS toujours plus démocratique dans son fonctionnement et porteur des aspirations de liberté et de progrès social. La direction issue de notre congrès a la volonté pour l’un est l’autre de ces objectifs. 

Que pense le MDS des évènements qui se sont déroulés en Égypte ? 
Ce qui se passe dans ce pays nous concerne directement et doit interpeller tous les patriotes et démocrates. Les Frères musulmans qui n’avaient pas participé au soulèvement du peuple égyptien contre Moubarak le despote, ont préféré négocier avec l’armée. Et c’est ce compromis trouvé, avec l’aide des USA, des saoudiens et des qataris, qui les a porté au pouvoir. Une année après, Morsi, privilégiant son camp, voit se liguer contre lui tous ses alliés d’hier. Sans diminuer de l’importance de la mobilisation des forces vives de l’Égypte, force est de constater que l’armée, avec le soutien ouvert de l’Arabie saoudite, des Emirat arabes unis et des USA, est intervenue promptement pour sauver ses intérêt étroits et ceux des puissances qui la sponsorisent  et stopper de ce fait tout le potentiel démocratique et du changement radical que pouvait porter cette mobilisation citoyenne. Je dirais que ce qui se passe en Egypte depuis une année obéit à un agenda international. 

C'est-à-dire ? 
Les islamistes en général, les Frères musulmans en particulier, ont toujours désigné Israël comme leur ennemi principal. On a vu une année après, comment le président Morsi protégeait l’ambassade d’Israël et maintenait l’embargo contre Gaza. Il n’a pris aucune initiative pour remettre en cause les accords de Camp David. Par contre, on a vu comment il s’est empressé de rompre les relations avec la Syrie au moment même où ses sponsors parlent d’un règlement politique de la crise syrienne. Les islamistes sont les meilleurs garants des intérêts néo-coloniaux et impérialistes dans le monde arabe. Et c’est la raison principale de leur accession  au pouvoir. 


Mais Morsi a été élu démocratiquement et a été déposé par un coup d’Etat militaire… 
Cela tient à la nature de l’islamisme, même l’islamisme dit modéré veut tout pour lui. Il n’est pas capable de représenter tous les intérêts qui l’ont porté au pouvoir. Ce qui se passe en Égypte est donc le résultat contradictoire de la lutte entre les aspirations populaires et les Frères musulmans, mais aussi de la lutte interne au sein du pouvoir de l’après Moubarak. La seconde venant contrarier la première, voire la dévoyer.  

jeudi 11 juillet 2013

C'est bizarre cette facination des élites pour le modèle allemand... Bruno Odent en démontre les vices cachés.

Bruno Odent est germaniste, journaliste à l'Humanité. Il sait de quoi il parle.
Vous pouvez retrouver l'actualité autour de ce livre sur la page facebook. Il y a aussi la page de l'auteur ou son intervention sur France inter.

Modèle allemand, une imposture

Introduction

Le modèle allemand, voilà le salut. Une chronique quasi continue nous invite à en imiter les règles. Des « coûts salariaux » en diminution qui favorisent la compétitivité, des finances publiques à l’équilibre, le consensus des partenaires sociaux sur les orientations des directions d’entreprises. Il n’y aurait pas d’autre choix que de se conformer ou de continuer à nous enfoncer dans les difficultés. Et il serait rassurant qu’au niveau européen Angela Merkel impose son « leadership » avec le traité budgétaire, des normes de gouvernance partout « rigoureuses », assorties d’une panoplie de sanctions pour ceux qui ne s’y soumettraient pas et une « aide » aux pays les plus surendettés forcément attribuée avec des contreparties drastiques.
Ce modèle là est une imposture. Non seulement il ne soigne pas les pays affectés par la crise de l’euro mais il les empoisonne. Un tournant vient d’être atteint. L’Allemagne, le cœur de référence du modèle,  est rattrapée elle même par la crise. Une stagnation de son économie est programmée au mieux pour 2013 (+ 0,4% de croissance selon les prévisions de la Bundesbank, la banque fédérale allemande). Les réformes anti-sociales lancées au début de la décennie 2000 par le chancelier Gerhard Schröder, poursuivies par Angela Merkel engendrent une précarité massive qui étouffe la demande intérieure. Et l’austérité budgétaire imposée aux partenaires européens contracte les débouchés des firmes à l’export.

Toute une société dangereusement ébranlée par le contrecoup des réformes de structure, orchestrées par le chancelier social-démocrate, Gerhard Schröder au début des années deux mille. Des phénomènes inconnus, il n’y a pas si longtemps encore, prennent une extension considérable. Comme les travailleurs pauvres ou la misère des seniors après le démantèlement partiel du système de retraite par répartition. La discrimination sociale et professionnelle des femmes persiste. La crise démographique s’étend. Les coûts de l’énergie explosent. Et les prix des loyers et de l’immobilier jusqu’alors contenus, commencent eux aussi à s’emballer.

mardi 9 juillet 2013

Les pieds-verts : un documentaire très touchant sur la recherche d'une descendante de pieds-noirs et d'un français qui a vu la réalité telle quelle...

C'est surtout le témoignage de la grand-mère qui me touche quand elle raconte  sa vie dans une ferme à cette époque. Sans vouloir enjolivé les choses et masquer les réalités sociales et politiques de la période coloniale qui ont été souvent effroyables (d'ailleurs le documentaire en montre une bonne réalité), j'y retrouve une forme de "complicité", de respect (à vrai dire, je ne trouve pas le mot exact) d'un européen qui à grandit et appris la langue (j'adorais l'entendre parler l'arabe dialectal algérien) des gens qui travaillait sur la ferme, comme me l'a raconté mon grand-père (et que j'ai pu constaté car il est resté très proche de son contre maître jusqu'à la disparition de ce dernier en France (et c'est peu être une des seuls fois que je l'ai vu avec les larmes à l’œil) et dont un chibani m'en a apporté témoignage la première fois que je suis allé en Algérie en 1983).
Ensuite, même si mon grand-père ne partageait pas les idées de ce professeur j'ai la sensation que ce que peut ressentir la petite fille du professeur Vié le Sage (il enseignait à Oran au Lycée Lamoricière (Tient ! il faudra que je pose la question à Jacques s'il l'a eu comme professeur) est assez proche que ce peuvent ressentir les descendants de pieds noirs comme moi (Pour une bonne compréhension : voir cette autre retour d'un descendant de pieds-noirs de Tiaret) quand ils retournent là-bas.

jeudi 4 juillet 2013

Nelson Mendela et nous...

Vu comment certains parlent de Nelson Mendela, je mets en ligne ce texte de Jacques Fath, responsable aux relations internationales du PCF, où il retrace l'histoire liant le PCF, l'ANC et SACP (Parti Communiste Sud-Africain) pour la libération de l'Afrique du Sud.
Vous pouvez lire aussi le point de vue de Francis Wurtz sur son blog.

Retour sur le formidable mouvement qui a porté le prisonnier de Robben Island à la présidence de la République d’Afrique du Sud.

La montée des luttes populaires antiapartheid en Afrique du Sud fut décisive dans les années 80. Le combat contre le système colonial et de discrimination raciale sud-africain a cependant marqué toute la seconde moitié du XXe siècle.

On ne peut réduire le mouvement anti-apartheid à l’antiracisme tellement sa portée fut globale. Cette lutte s’inscrivit en effet dans les enjeux de la décolonisation, de la guerre froide, de la montée de l’exigence démocratique et du besoin d’une voie de développement nouvelle porteuse d’égalité, de justice et de progrès humain. Ce sont toutes les grandes questions du XXe siècle qui se cristallisèrent ainsi, dans cette grande bataille, en particulier au moment des bouleversements en Europe de l’Est (dont les régimes ont soutenu l’ANC). C’est toute la donne internationale qui est en train de changer. Des aspirations populaires et un monde nouveaux s’annonçaient.

Le PCF va s’engager intensément et au plus haut niveau aux côtés du peuple sud-africain parce qu’il mesure alors la dimension de l’enjeu, parce qu’il veut faire du refus de l‘asservissement d’un peuple un moteur de conscience politique.

La nécessité de la destruction du système d’apartheid a mûri au cours des années. L’ONU elle-même, dès la décennie 60, y contribua en légitimant les sanctions. En 1973, son Assemblée générale reconnaissait explicitement la nécessité « d’éliminer et de réprimer l’apartheid ». A juste titre, les Nations unies liaient la libération pour le peuple d’Afrique du Sud à celle des autres peuples d’Afrique australe, notamment la Namibie.

mercredi 3 juillet 2013

Le PCF lance "Progressistes" : la révolution pour une production moderne a enfin sa revue politique...


Ecologie et industrie : une association qui peut paraître contre-nature tant on a opposé ces deux termes.
À un tel point que la confusion règne à gauche où la critique légitime du productivisme est devenue par glissement la critique de la production sans nuance.
L’industrie nous pose des problèmes de conscience : elle est à la fois absolument nécessaire pour nos sociétés et en même temps elle pollue, produit des déchets, présente des risques autour des sites de production. La tentation est alors grande de réduire ce secteur voire d'accepter tacitement la délocalisation vers d'autres pays pour ne pas avoir à s'embarrasser de ses nuisances. Elle s'accompagne également d'une dévalorisation des métiers liés à la production. Et il est vrai que quantitativement, l'essentiel des emplois aujourd'hui est classé dans le secteur des services, services pour- tant intimement liés à la production. Ainsi, on ne perçoit pas immédiatement la catastrophe économique pour un pays qui se sépare progressivement de ses industries : par exemple l'irréversibilité concernant la perte de savoir faire sera très grave pour l'avenir car il faudra des générations pour retrouver le niveau technologique perdu dans certains secteurs clés.
Nous aurons donc toujours besoin de produire, et même de produire plus et autrement compte tenu des besoins qui vont grandissants et de l'état de pénurie qui règne chez les classes populaires. La vraie question politique vraiment sérieuse, est bien de savoir comment mieux produire et comment produire pour répondre aux besoins sociaux au sens très large, en intégrant le respect de notre environnement. C'est en renversant les critères, en privilégiant la valeur d'usage des produits plutôt que la valeur d'échange (pour utiliser des termes marxistes) que nous opérerons une transformation radicale de nos modes de production.

mercredi 12 juin 2013

L'affiche rouge algérienne... Ou les algériens dans la Résistance française en métropole, notamment dans les FTP.

Article paru dans El Watan en 2005 sur ce qui fut appelé le groupe kabyle (mais qui venait de l'ensemble de l'Algérie) mais aussi sur les positions courageuse de Messali Hadj et de ce qui se passait à la Mosquée de Paris. Une part de notre histoire que l'on connait trop peu.

Les FTP algériens et le sauvetage d'enfants juifs

Dans Une résistance oubliée, la Mosquée de Paris, un film de 29 minutes réalisé pour l'émission « Racines de France 3 » en 1991, Derri Berkani restitue l'épisode associant la Mosquée de Paris au sauvetage de juifs, notamment des enfants.

Le concept de l'émission de France 3 était de faire coïncider l'histoire de l'immigration avec des moments d'histoire de France. « A l'origine, je voulais faire un film sur la résistance des Francs-Tireurs et Partisans algériens, qu'on appelait "groupe kabyle", la commande venait de l'ORTF, c'était en 1974. Le film ne s'est pas fait. » L'opportunité en est donnée à Derri Berkani en 1991 par France 3. 

Les FTP algériens étaient désignés sous le vocable de « groupe kabyle » par facilité de langage en usage chez les FTP qui utilisaient les groupes de langues, pour permettre une sécurité de transmission des consignes. L'immigration algérienne de Paris, à l'époque, était le fait d'hommes jeunes, seuls, d'origine rurale, essentiellement de Kabylie. Ils étaient aux deux tiers analphabètes, ils vivaient dans la misère, mais par le travail ils avaient intégré un autre univers, celui du monde ouvrier, du prolétariat.
Ils avaient acquis une conscience prolétarienne dans les usines où ils travaillaient. Ils étaient tous syndiqués, et ils participaient à toutes les luttes ouvrières, aux grèves... Une fois la guerre venue, ils se sont engagés dans les Francs-Tireurs et Partisans (FTP), nous précise Derri Berkani. Mohamed Lakhdar, qui avait rejoint les jeunesses communistes à 20 ans, était l'un d'entre eux. Il s'était engagé dans l'action clandestine en 1940 et était un des fondateurs, en 1942, des FTP. Il était originaire de Tiaret. Il a été fusillé dans la nuit du 31 janvier 1943. Derri Berkani relève que la démarche de la Mosquée de Paris et de son recteur Si Kaddour Benghabrit obéissait à des principes religieux, mais les FTP algériens, qui ont amené des juifs pour les mettre à l'abri, étaient des laïcs, des ouvriers. Leurs motivations n'étaient pas religieuses, elles ont concordé avec celles des dirigeants de la Mosquée.

jeudi 6 juin 2013

De quoi l'idélogie de ceux qui ont tué Clément Méric est-elle le nom ?


La rencontre de l'association Bernard De La Sala s'est déroulée le vendredi 9 mars à Villers-Saint-Paul (60).

Son thème était : "Eclairer la malfaisance de l'extrême droite, de ceux qui en sont les adeptes et qui ont plongé l'Europe dans l'abîme des années 1930 : le nazisme puis collaboration vichyste. Le Front national, aujourd'hui, s'incruste à nouveau en s'appuyant sur les conséquences de la crise et en apparaissant comme étant le défenseur des victimes de la crise.

Il faut donc bien connaître la réalité de ces mouvements de la droite extrême et finalement fasciste, de la façon dont ils s'introduisent dans les peuples pour promouvoir les idées de haine envers les juifs, les communistes, pour propager le racisme etc. En réalité, ils sont une force utile pour le capital en crise. Aujourd'hui le Front national tente de pénétrer l'entreprise, cela doit retenir toute notre attention et notamment le mouvement syndical."

mercredi 5 juin 2013

Une interview de Sadek Hadjeres... Passionnante et nécessaire.

La maire d'Aix en Provence en remet une couche : Pas d'hommages pour les tueurs qui ont rendu tout évolution pacifique impossible.

Du Touvet (Isère) à Aix-en-Provence : non à de nouveaux éloges de l’OAS !

Au moment où s’ouvraient les négociations d’Evian pour mettre fin à la guerre d’Algérie, deux activistes, Albert Dovecar et Claude Piegts, membres des sinistres commandos delta de l’OAS, participaient à l’assassinat de Roger Gavoury, commissaire central d’Alger, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1961. Condamnés à mort, Dovecar et Piegts ont été exécutés le 7 juin 1962.

C’est précisément le 7 juin 2013 que le Collectif aixois des rapatriés – le CAR –, a choisi pour inaugurer à Aix-en-Provence un monument, de même nature que ceux de Nice, Toulon, Perpignan et Marignane, érigés à la gloire de tels assassins. La stèle sera installée dans la cour de la Maison du maréchal Alphonse Juin, propriété de la ville d’Aix, devenue véritable casemate de la « nostalgérie ». L’actuelle équipe municipale en a confié la gestion au CAR qu’elle subventionne abondamment. Coutumier des éloges de la colonisation et de l’OAS, le président du collectif, René Andrès, lance un appel pour l’inauguration d’un espace « appelé à devenir le haut lieu de la mémoire, et de la conservation, de la vérité du peuple Pied-Noir et Harkis ».

mercredi 29 mai 2013

Comédie du Livre sur l'Algérie : J'ai ma petite idée pour mon programme...














Pour voir le programme complet des deux jours de rencontre autour de la littérature du Maghreb en général et de l'Algérie en particulier, vous pouvez vous reporter au site de la Comédie du Livre.

Le samedi 8 juin, je ne vais pas rater cette table ronde :
13h00 - 14h30

Table ronde: le Maghreb au croisement des héritages

Comprendre un Maghreb pluriel, fruit d’héritages complexes et d’une histoire bien différente des Histoires officielles.

Parmi les très nombreux événements organisés dans le cadre de la Comédie du livre de Montpellier, consacrée cette année à l'Algérie,

participent : Pierre Daum, auteur de Ni valise, ni cercueil, les Pieds-noirs restés en Algérie après l'indépendance (Actes Sud 2012). Voir le site Leïla Sebbar, Colette Fellous, et Janine Gdalia.

Lieu: Centre Rabelais, 27 Boulevard Sarrail  34000 Montpellier.

Entrée gratuite.


Dimanche 9 juin à 14h30 - Salle Pétrarque : c'est un débat organisé par les amis de la mémoire pédagogique sur le livre de Jacques Fernandez "Fiction et Histoire, à propos de l'ouvrage Algérie - 1830 - 1962" (cliquez sur l'image pour plus d'info).



15 juin - Montpellier - Domaine de Grammont : Fête départementale du PCF de l'Hérault (entrée 5€ / 1€ pour les moins de 25 ans).

Tout le programme en cliquant sur l'image.

vendredi 24 mai 2013

Laïcité dans le monde arabe : n’immolons pas l'histoire!

Ce texte est une contribution d'une camarade du PCF, élue à Lyon, Nawel BAB-HAMED.
C'est une contribution lors de l'université d'été de notre parti de 2011. vous pouvez aussi consulter un de ses autres textes "un parfum de jasmin " qui date aussi de 2011.

Laïcité dans le monde arabe : n’immolons pas l'histoire !

Liberté, c’est le mot qui a mis à l’unisson les ramages populaires des pays arabes. Liberté politique ? Liberté de conscience ? Liberté de pensée ? Liberté individuelle ? Liberté collective? Cette réflexion continue à faire couler de l’encre, de la salive et du sang.

Liberté. C’est le mot qui risque aujourd’hui de tomber en proie des renards. Un risque de confiscation des révoltes des peuples arabes qui aspirent, simultanément et dans l’urgence, à  se redéfinir et à redéfinir les batailles pour lesquelles ils s’engagent.

Ces révoltes s’inscrivent dans une construction mondiale où les rôles tenus par les dirigeants sont de plus en plus nombreux, complexes et interdépendants, quelque soit l’endroit où l’on se situe. Elles s’inscrivent dans un cadre régi par la peur de perdre l’hégémonie pour certains, la peur de perdre l’intégrité, la dignité voire la vie pour d’autres. Elles s’inscrivent dans la peur des néo-colonialismes qui génère ainsi la peur de l’ingérence intellectuelle allant jusqu’à diaboliser certaines valeurs  (démocratie, laïcité, féminisme…etc.), voire radicaliser à la violence les identités individuelles et collectives (xénophobies, attentats criminels, immolation). Elles s’inscrivent aussi dans  l’échec d’au moins des deux grands régimes: un communisme marqué  par la dictature et un capitalisme marqué par les  profits privés colossaux au dépens de millions de vie humaines. Dans ce processus de quête de nouveaux régimes, une troisième voie attise depuis quelques années les soulèvements: un ordre religieux.  Le 11 septembre 2001 a bouleversé et radicalisé la lecture du monde politique. En Europe, des revendications des Partis Populaires Européens (PPE) se succèdent depuis quelques années pour inscrire l'héritage chrétien dans la constitution européenne. L’Etat d’Israël, plus récemment, en prime du nième rejet des accords de 67, a exigé la reconnaissance institutionnelle de son identité religieuse juive. En France, le chantier de révision de la loi 1905, tend à redéfinir la laïcité par le prisme de l’immigration musulmane.

Dans cette configuration mondiale, les citoyens arabes acclament la démocratie et la liberté, mais timidement voire plus du tout la Laïcité. Ce point cristallise plusieurs questions: est-elle un produit importé directement des ennemis de l’islam comme le clament les courants politico-musulmans pour la disqualifier ? S'agit-il d'une adoption (copie) ou d’une adaptation (racine historique) de précédentes expériences ? Faut-il réinventer un autre concept à repartager massivement pour un nouvel ordre ? Après l’ingérence physique, quelle frontière contre l’ingérence intellectuelle ?...etc.

mardi 21 mai 2013

La réindustrialisation du XXIème siècle : frabs-labs, imprimante 3D et partage des savoirs.

Qui a dit que les longs weekends ruinent l'économie ??? Pas moi car hier, en écoutant  sur France-Inter l'émission "Service public" sur les imprimantes 3D et les frabs-labs j'ai pris conscience que la réflexion politique au sein de mon parti, le PCF, est quand même sacrément en avance (voir le texte de mon camarade Yann Le Pollotec) et en plus, cela m'a pas réconcilier avec tous les experts  médiatiques qui travaillent contre l'excellence de la recherche Française...

Voici le texte (datant de novembre 2011) soumis au dernier congrès du PCF par mon camarade. Vous pouvez trouver un complément du même auteur dans la revue théorique du PCF " La revue du Projet" d'avril 2013.

Connectons nous à toutes celles et ceux qui veulent partager les savoirs et les savoir-faire : Ils et elles ont comme nous l’ambition de changer le monde..


Notre Parti développe à l’échelle macro une vision pertinente du monde et des propositions qui, pour une part, recueillent déjà l’assentiment d’une majorité de la société française, d’après les enquêtes d’opinion. Mais dès que nous passons à l’échelle micro, à l’échelle du quotidien et de la « transformation sociale pratique », nous avons du mal à chevaucher les contradictions inhérentes à cette échelle.

En restant limités, trop souvent, à des postures de principe, certes justes, mais désincarnées et sans prise sur le monde réel, nous donnons malgré nous l’impression de renvoyer la visée communiste à une espérance millénariste. Or nos concitoyens vivent ici et maintenant avec leurs souffrances, leurs besoins immédiats en emploi, logement, salaire, retraite, études des enfants, accès aux soins… et leurs propres contradictions…Ils sont de plus conscients de n’avoir qu’une vie.

Si nous voulons devenir une force politique incontournable dans la France du XXIe siècle, il faut établir une connexion forte entre notre vision humaniste du monde, nos propositions politiques à l’échelle macro et la vie concrète de chacun à l’échelle micro. Établir cette connexion passe évidement par l’intervention des communistes dans les luttes, dans le développement du mouvement populaire et sa dimension de « démocratie participative », mais cela ne suffira pas si nous ne sommes pas capables de nous appuyer sur le nouveau qui est en train de naître des contradictions et des convulsions de la crise du système de domination capitaliste.

Ainsi, comme communistes nous sommes porteurs de l’espérance d’une société où l’être humain s’émancipe des aliénations engendrées par le travail salarié, la division du travail, et le consumérisme. Une société où le producteur ne soit plus dépossédé de la richesse qu’il produit. Mais lorsqu’il s’agit de passer aux travaux pratiques nous en restons trop souvent au stade de la dénonciation des ravages du capitalisme et de sa variante productiviste. En rester à la dénonciation encourage, à notre corps défendant, l’idée que changer la société est impossible et que, seule la recherche individuelle ou via des réseaux communautaires, d’une place dans la société telle qu’elle est, reste possible. Nous demeurons trop focalisés ce qu’il y a de mort dans notre société et pas assez sur le vif, pas assez sur ce qui émerge de radicalement nouveau.